« Peindre pour habiter l'abstraction lyrique : de l'élégance de la trace surgit l'empreinte d'une présence. »
Le parcours artistique de Maja SAUNAL est celui d’une émancipation nécessaire. Née à Paris dans une famille où l’art occupait une place centrale, elle a grandi sous l’influence d’un père peintre hyperréaliste. De ce premier héritage, elle a gardé l’admiration pour la grande technique, mais a dû s’en détacher pour trouver sa propre nécessité : là où le réalisme cherchait la perfection de la forme, Maja cherchait la vibration de l’âme.
Ce cheminement vers l’abstraction ne fut pas un renoncement, mais une quête de substance.
Après un détour par l'ethnologie, la sociologie et l'enseignement — des années vécues comme "à côté" de sa véritable vie — le départ de Paris pour le Sud a agi comme un exil, puis comme une révélation. Dans cet entre-deux, entre l’agitation urbaine et la lumière de la Provence, sa vocation a fini par s’imposer. Pour Maja, peindre n'est pas un métier, c'est un privilège et une urgence, celle de transformer les fêlures en une structure habitée.
Démarche artistique
Une abstraction lyrique habitée
Sa démarche s'inscrit aujourd'hui dans ce qu'elle définit comme une abstraction lyrique habitée. Elle ne peint pas le vide, elle peuple l’espace. Son processus créatif est un corps-à-corps avec la matière, une aventure qui commence souvent dans l’inquiétude pour se terminer dans l’enthousiasme de la découverte.
Sur des toiles de lin, son médium de prédilection est l'acrylique, qu’elle travaille à l’aide de spatules souples, de raclettes et de couteaux. Elle explore les profondeurs du Bleu de Prusse et du Noir, privilégiés pour leur élégance et leur capacité à créer des compositions où l'ombre et la lumière dialoguent. En travaillant dans le frais, elle superpose les couches, balaie, essuie et racle, laissant l’inattendu dicter sa loi. Maja développe alors un langage pictural affirmé.
« J’écris avec ma peinture », confie-t-elle. Chaque mouvement devient ainsi une calligraphie de l’émotion, une écriture silencieuse où la justesse de la trace précède le sens.
L'éveil de la présence
Au cœur de cette matière vibrante, de cet univers influencé par les maîtres du noir et du souffle — Soulages, Zao Wou-Ki ou Verdier — surgit soudain l’empreinte d’une présence. C’est ici que réside la singularité de Maja SAUNAL : au milieu de l’abstraction la plus pure, elle fait apparaître des fragments d’humanité. Ces silhouettes, à peine suggérées, ne sont pas des sujets, mais des résonances.
Elles transforment la toile en un lieu de rencontre, offrant au spectateur un espace suspendu où sa propre histoire peut entrer en dialogue avec celle de l'artiste.
Cette maîtrise de l’espace et du geste a récemment trouvé une consécration officielle. L’obtention du prix « I-CAC » en septembre 2025, lors du salon « L’esprit de l’art » à Paris, a marqué une étape décisive.
Ce prix n'est pas seulement une reconnaissance technique ; il valide une place enfin trouvée, celle d'une artiste qui a su transformer sa sensibilité extrême en une identité visuelle forte et sophistiquée.
Aujourd'hui, l'œuvre de Maja SAUNAL ne raconte plus seulement son histoire, elle propose une expérience.
Elle nous invite à habiter l'abstraction avec elle, là où chaque trace est un lien, chaque toile un possible de la rencontre.
Petites silhouettes… acrylique sur papier aquarelle
Être artiste n’est pas que peindre dans son atelier !
Table à dessin, chevalet de mon père, étagères avec livres sur la peinture, souvenirs, objets importants.
Une photo de mes parents dans un bistrot à Paris dans les années 50, un souvenir de l’exposition du photographe Irving formidable offert par une de mes filles, la palette de mon père et son chiffon près d’un de ses tubes de peinture à l’huile, le chapeau melon modèle d’un de ses tableaux en hommage à Toulouse Lautrec … toutes ces petites choses qui me rappellent TOUT et m’accompagnent au quotidien.